L’Art du portrait

Le portrait en question :

Faire ou regarder un portrait c’est se poser la question de l’identité, de la représentation, de la ressemblance, de la caricature, du caractère, du regard, du trait ( tracé)

Dé finition   :

L’ancien français a forgé le terme de portrait à partir de pour (préfixe à valeur intensive) et de traire dans le sens de dessiner. Le terme s’impose dans son acception moderne au XVIe siècle . Cette remarque étymologique indique le lien qui existe entre le désir de fixer les traits d’une personne et la production des images.

« Au sens général, représentation  d’une personne réelle ; mais la définition du portrait comme concept esthétique appelle quelques précisions.

Dans les arts plastiques, portrait se dit pour une œuvre en deux dimensions, peinture ou dessin. Pour la sculpture mais on dit tête, buste ou statue ; Le portrait est donc  une interprétation et une transcription de la personne réelle. Il procède donc d’un choix pour rendre l’apparence extérieure d’une personne, quel que soit le degré de réalisme. Bien qu’uniquement visuel, le portrait peut rendre très sensible la personnalité intérieure du modèle, par de nombreux indices tels que la pose, l’expression de la physionomie, etc.

Le genre du portrait témoigne d’un intérêt pour l’individuel ; ce n’est pas seulement l’être humain en général, ou tel type de toute une espèce, que rend le portraitiste ; c’est telle personne en tant qu’elle est elle-même (et ceci, même si au travers de l’individu transparaît une idée de portée générale : le portrait ne s’y réduit pas).

Pline l’Ancien  raconte de façon poétique l’invention du portrait : Le soir, avant d’aller rejoindre son régiment, un jeune soldat rend une dernière fois visite à sa fiancée. La lampe projette l’ombre du garçon sur le mur et la jeune fille trace cette silhouette sur la paroi pour conserver l’image de celui qui demain sera loin d’elle.

 Le portrait collectif ( portrait de famille / portrait de groupe)

Qu’ils soient familiaux (au sens large, liens amicaux ou amoureux y compris) ou corporatifs (un corps de métier, un groupe de gens liés par une activité), le portrait collectif  est une variante de l’art du portrait.

La représentation de plusieurs personnages réunis dans une même image suppose un sens de la composition, de l’organisation et de la mise en scène affirmés. Les personnages y sont souvent représentés en pieds (c’est-à-dire en entier, pas seulement le buste ou le visage) et en situation, dans un décor qui lui aussi prend plus d’importance…

L’autoportrait

Genre particulier, l’autoportrait est la représentation par l’artiste lui-même de son propre corps. Longtemps ce fut un genre caché, les artistes dissimulant leur visage dans les personnages d’une foule. Puis c’est devenu un exercice à part entière, très pratique puisque, devenant son propre référent, l’artiste n’a plus besoin de faire appel à un modèle extérieur. C’est l’occasion pour de nombreux artistes de sonder leurs sentiments, leurs émotions, leur âme, d’observer et d’étudier les effets du temps et du vieillissement, de questionner leur identité à travers des jeux de travestissement par exemple…  ( Voir dossier consacré à l’autoportrait )

 

portait collectif de la cour d'espagne donnant l'occasion d'un autoportrait

LES DIFFERENTES FORMES et medium  DU PORTRAIT FIGURE

  • le  portrait peint  est  la forme la plus diffusée. Les plus anciens vestiges de portrait en peinture dates de l’antiquité romaine. Les techniques employées sont la détrempe au moyen âge et au début de la Renaissance, qui fait place à la peinture à l’huile. La gouache et l’aquarelle sont aussi employées. Au 20è siècle apparaît l’acrylique, qui est employé chez les peintres figuratifs américain, et se généralise à la fin du siècle. Différent supports sont utilisés, le bois, la toile, ou même l’ivoire pour les portrait en miniature.
  • le portrait dessiné, tout aussi ancien que le portrait peint, se singularise par la grande diversité de ses techniques, qui vont du fusain, au crayon, en passant par le lavis d’encre, et le pastel qui constitue une technique intermédiaire entre le dessin et la peinture.
  • le portrait gravé . Dürer et Rembrandt utilisaient cette technique . Différentes gravures posssibles ( taille douce, lithographie, linogravure, gravure sur bois
  • le portrait sculpté s’exprime principalement à travers le buste et le bas-relief et de façon plus monumental en statue et dans la statuaire équestre.  Depuis l’antiquité égyptienne, ce médium est une des plus ancienne forme du portrait.
  •  La silhouette est un profil généralement découpé dans une feuille noire, représentant une figure en ombre chinoise. La pratique du portrait en silhouette s’est répandu au 18è siècle
  • le portrait photographique est, depuis le 20ème siècle,  la forme la plus courante du portrait, et la plus diffusée, par l’intermédiaire des médias, et de l’impression. Il apparaît au milieu du 19 è et remplace le portrait en miniature. Dans l’histoire de ce médium, plusieurs photographes se sont fait une spécialité du portrait, comme Nadar, Etienne Carjat, Auguste Sander  et plus recemment Helmut Newton…

LES FONCTIONS du PORTRAIT 

Les portraits ont différentes fonctions : volonté de perpétuer le souvenir d’une personne, créer une image historique du commanditaire, symboliser le pouvoir d’un dirigeant…

 En politique, les portraits des chefs d’état symbolisent souvent l’État lui-même.

LES  DIFFERENTS  TYPES DE PORTRAIT : 

  • Le portrait funéraire
  • Le portrait d’apparat
  • Le portrait réaliste
  • Le portrait psychologique
  • Le portrait allégorique
  • le portrait officiel
  • le portrait caricatural ( la caricature )

La personne peut – être représentée :

  • en pied (la personne entière)
  • en buste (jusqu’à la taille)
  • en demi grandeur (jusqu’aux cuisses)
  • assis
  • de dos
  • de face
  • de profil
  • de trois-quarts
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Repères historiques ( évolution chronologique )

  • Le portrait est un genre très ancien. L’Egypte en donne une des interprétations les plus élevées aux IIe et IIIe siècles après J.-C., avec les peintures trouvées dans l’oasis du Fayoum.

Dans ce cas, ces portraits ont une fonction religieuse : fixer l’image du mort pour lui permettre de continuer à vivre dans l’au-delà.

Par ailleurs, la civilisation romaine sculpte ou peint des portraits dont certains produisent une très forte impression de réalité. Ces œuvres jouent un rôle important dans la vie sociale ; les effigies entretiennent le culte des ancêtres et rendent hommage aux hommes politiques.

A l’époque des Romains se pratiquaient le portrait de pape .  Les papes introduisent leur portrait dans les décors de mosaïque qui ornent l’intérieur des basiliques ; ces décors avaient habituellement pour objet la glorification du Christ ; nous sommes dans une logique d’adoration .

 

Au moyen-âge, Princes et hommes d’église – influencés par les religions iconoclastes ou craignant les pratiques magiques à partir de leur image – sont méfiants à l’égard du portrait. Comme pour en conjurer le danger éventuel, le portrait apparaît par le biais de représentations religieuses :ainsi, les papes font insérer leur image aux côtés de la Vierge ou du Christ. Les laïcs font insérer leur image dans des scènes religieuses aussi, à titre de donateurs.

  Naissance du genre portrait : XIV et XV e siècle

Le portrait s’érige en genre indépendant et se libère progressivement de tout contexte sacré: Les personnes singulières sont peintes de telle sorte qu’on puisse les reconnaitre .

XVII / XVIIIè siècle 

Pendant les périodes baroque et rococo, aux dix-septième siècle et dix-huitième siècle, les portraits prirent une importance croissante. Dans une société de plus en plus dominée par la bourgeoisie au milieu de puissantes cours, des représentations d’individus luxueusement vêtus à côté des symboles de puissance et de richesse temporelle contribuaient de manière efficace à l’affirmation de leur autorité.VanEyck et Rubens excellèrent dans ce genre.

http://www.latourcamoufle.com/cahiers-de-antiquaires/l-art-du-portrait-au-xviiieme-siecle/

Au XIX°s, l’intérêt grandissant pour la compréhension des sentiments humains engendra des artistes soucieux des émotions. Les impressionnistes tels que Monet, Degas ou Renoir, qui utilisaient principalement comme modèles leurs famille et amis, peignaient de petits groupes ou des individus seuls, en plein air ou en atelier. Caractérisés par leur surface lumineuse et la richesse de leurs teintes, ces portraits présentent souvent un caractère intimiste, éloigné du portrait officiel.

XXè / XXIè siècle 

Les artistes du début du XX° siècle élargirent les champs d’exploration du portrait, en le libérant des contraintes de ressemblance. Henri Matisse simplifia la ligne et les couleurs pour leur donner toute leur force expressive. Pablo Picasso réalisa de nombreux portraits, dont plusieurs portraits cubistes où le modèle est à peine reconnaissable. L’art du portrait en peinture déclina au milieu du XX° siècle, sans doute en raison de l’intérêt croissant pour l’abstraction. Plus récemment, le portrait a connu un renouveau, grâce à la photographie et aux nouvelles technologies
patience...

 

 REALISER UN PORTRAIT 

La recherche d’établissement de « normes » :

L’artiste Gérard Audran (1640-1703), qui grava nombre de planches d’après Le Brun, Poussin et Le Sueur, mesura un nombre considérable de statues antiques dans toutes leurs parties afin d’en extraire des données facilitant l’obtention de l’harmonie dans le cadre de la représentation du corps humain. Cette démarche rejoint les croquis d’Albrecht Dürer sur les proportions du corps humain ou les recherches de Jean Cousin dans son livre de portraiture.

  

BIBLIOGRAPHIE 

(Une histoire du portrait depuis l’antiquité  / les portraits d’andy Wahrol )

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