Autobiographie/autofiction

 

HISTOIRE DES ARTS 

Christian   Boltanski (né en 1944)« Recherche et présentation de tout ce   qui reste de mon enfance, 1969 », Boltanskiphotographiques de Christian   Boltanski, 1946-1964 », Boltanski 

http://litterature2point0.blogspot.fr/2010/11/photographies-autobiographies-et.html

Sophie   calle ( née en 1953)Le faux mariageLe rituel d’anniversaireSuite vénitienne
ILYA    KABAKOV  (1933)«    l’homme qui s’est envolé dans l’espace, 1988 
Marjane   satrapi  ( née en 1969): persepolis ( B.D et film )  
 (Vincent   Van gogh : «  la chambre 1888) : référence 19è  

 L’Autobiographie, autofiction

Les artistes contemporains travaillent l’autobiographie aussi dans le domaine des arts plastiques et de la photographie. Ils jouent sur l’ambiguïté entre vrai et faux et sur l’authenticité de faux documents. Avec leur travail, on retrouve le problème que pose la définition de l’identité. Celle-ci ne connaît ni de limites, ni de moyens d’expression assurément sincère. Christian Boltanski et Sophie Calle travaillent sur des vrais-faux documents qui nous parlent d’eux. Ils passent par un faux-moi, ils trompent le spectateur et montrent ainsi notre tendance à croire en des documents, des récits apparemment réels qui sont en réalité des faux, mais qui finalement permettent la révélation du « moi ». Mais alors où s’arrête l’expression du moi ?

Une identité entre un moi et un faux-moi

                        « Recherche et présentation de tout ce qui reste de mon enfance, 1969 », Boltanski

Dans « Composition de récitation de Christian Boltanski-juin 1950 », Boltanski expose la composition scolaire d’un faux-lui, d’un deuxième Christian Boltanski. Il signe la feuille avec son nom et utilise une écriture enfantine en accord avec la date. Ce document semble être une vielle composition datant de l’époque où Boltanski était petit mais c’est en réalité un faux. Et pourtant si l’artiste n’en n’avait pas révélé la nature, le spectateur aurait cru en l’authenticité de ce document. Les coins de la feuille sont abîmés, comme si elle avait été usée par le temps. L’utilisation d’une calligraphie enfantine qui correspond avec la date du document confirmerait ultérieurement la véracité du document. Il semblerait donc que la composition appartienne au petit Boltanski.

 

« 10 portraits photographiques de Christian Boltanski, 1946-1964 »

On retrouve ce travail d’identité entre un moi et un autre moi dans les « 10 portraits photographiques de Christian Boltanski, 1946-1964 » de 1972. Cette œuvre est une composition, un polyptique d’une dizaine de portraits mis sous forme de livre. Le titre de ce fascicule et des photographies communiquent un sentiment très fort de crédibilité. La photographie est d’ailleurs un document considéré généralement comme authentique. De plus le cadrage de ces portraits est objectif, et relève donc d’une fidélité à la réalité. Les 10 photos sont prises toujours dans le même lieu et le sujet est toujours dans la même position. Au fur et à mesure que les années passent on observe combien a grandi Boltanski. La mise en place de ce faux-moi nous trompe à cause de sa franchise. La composition ne date pas en réalité de l’époque où Boltanski était petit. Et les dix portraits, pourtant accompagnés d’une légende qui l’identifie comme étant le portrait Boltanski à des âges divers entre deux et vingt ans, ne sont jamais à une exception près, des photographies de l’artiste. Elles représentent au contraire des garçons qui se trouvaient, « un certain jour d’été, dans le parc de Montsouris à Paris ; lorsque Boltanski les a photographiés, ils ont tous pris la même pose l’air embarrassé et les bras ballants. ». Leur apparence physique varie considérablement de l’un à l’autre, mais cependant cette incongruité ne gêne pas le spectateur ; on peut, en effet, expliquer ces différences tels que la couleur des cheveux, les traits, par le fait que Boltanski avait du beaucoup changer en grandissant. Boltanski a trouvé dans le procédé photographique un terrain propice à ses « habiles tours de passe-passe ».

 On retrouve le même procédé avec Sophie Calle. Elle met en jeu images et textes pour raconter de fausses histoires vraies qui nous parlent d’elle. Sa démarche, comme celle de Boltanski, s’apparente à de l’autofiction photographique.

 « Faux mariage », Sophie Calle, Des histoires vraies +dix.

Dans le « Faux-mariage », l’on pourrait croire que c’est réellement son mariage car souvent l’objet visé par l’appareil photographique n’éveille en soi aucun soupçon quant à son authenticité. De plus le cadrage est frontal, le point de vue est donc objectif, le tirage est en noir et blanc ce qui donne un côté ancien. Et enfin pourquoi ne pas croire en une photographie typique, cliché d’un jour de mariage. En effet sans le texte du dyptique , où est révélé la tromperie du mariage, rien ne permettrait de distinguer le faux du vrai. Ses photographies et ses comptes rendus écrits, empruntant le style descriptif du reportage ou de l’inventaire, attestent la réalité des situations qu’elle crée. Pour ceci elle s’habille, elle se déguise entre autre en mariée.

L’artiste provoque le spectateur

« J’ai compris plus clairement que dans la photographie et spécialement dans la photographie d’amateur, le photographe n’essaie pas de saisir la réalité : il cherche à recopier une image préexistante et culturellement imposée (…) le photographe amateur ne montre que des images du bonheur, des beaux enfants courant sur des prairies bien vertes : il reconstitue une image qu’il connaît déjà. ». Avec cette note et à travers ses travaux, Boltanski pose une critique du conformisme. Il joue, comme Sophie Calle, avec les codes sociaux, dans lesquels on se reconnaît tous.  On croit en la véracité de ces auto représentations, on est convaincu que ces documents sont les leurs, comme ils pourraient être à nous. Ce que font Sophie Calle et Boltanski a une connotation très provocatrice. Ils critiquent nos codes, nos photographies de mariages, nos « reliques d’enfance » que l’on garde, ils critiquent nos souvenirs.  Il est vrai, que d’une manière générale, nous essayons constamment, dans la vie, dans les œuvres d’art, de faire coïncider ce que nous voyons avec ce que nous savons.

Nous retrouvons cette tromperie provocatrice dans le « Voyage de noces à Venise » que Boltanski fait avec Annette Messager. En travaillant à ce projet, les deux artistes se sont aperçus que Venise, n’avait pas pour les visiteurs, de « réalité propre », c’est-à-dire que tous ses visiteurs en avaient vu tellement d’images qu’ils essayaient constamment de reconnaître la réalité d’après ces clichés, et de ramener chez eux des photographies de Venise semblables à celles qu’ils connaissaient déjà. Ce même phénomène qui trompe le spectateur a lieu avec le « Faux mariage » de Sophie Calle dans lequel tout le monde reconnaît sa photographie de mariage faite en dehors d’une église ou d’un mairie. Cette franchise trompeuse dévoile notre attachement aux codes sociaux, eux-mêmes trompeurs.

Mais l’artiste se révèle quand même

A travers ce faux-moi trompeur, cet alter-ego, c’est-à-dire cet autre moi l’artiste parvient quand même à se révéler. Tout d’abord sa façon de procéder dans la création, dans l’organisation de son œuvre, dans ses choix artistiques nous révèlent une part de son être.Ensuite à travers le contenu ; il veut renvoyer notre propre reflet sous le prétexte de se représenter lui-même. Mais finalement c’est de lui qu’il parle, nos codes sociaux sont les siens aussi

. Chez Boltanski, le « voyage de noces à Venise » est un classique voyage de noces d’un couple, dans ce cas c’est la collectivité et les codes sociaux mêmes qui le révèlent. Sa critique et sa tromperie se retournent vers lui. A travers la tromperie, sans le vouloir, il arrive à l’expression de soi.

« Dans l’une de mes premières interviews, je jouais le rôle du jeune homme désespéré et tourmenté. Pendant que je parlais, je me disais : je joue bien, ils me croient…mais quand je suis sorti, j’étais affreusement déprimé parce qu’en fait c’était une vérité que je me cachais à moi-même et que je pouvais me dire que sous l’apparence du jeu ».

Le jeu avec lequel travaillent Calle et Boltanski est en réalité de se révéler, finalement leur vrai-faux moi inventé est bien moi, car ainsi on arrive à se montrer aux spectateurs tel qu’on est. Ce faux est une révélation, d’ailleurs comme nous le dit Sophie Calle dans le dyptique de son œuvre le « faux mariage », il permet de réaliser un rêve inavoué, il y a donc du vrai dans ce faux mariage. Sophie Calle appelle ce procédé le faux-vrai, quand on a des émotions réelles provoquées par des situations artificielles. Celles de Calle sont des histoires, mais tout en étant des histoires, des photographies fictionnelles, elles sont vraies. De plus, la photographie du mariage de Calle, les autoportraits de Boltanski, que ce soit nos photographies ou celles d’autres, ce sont quand même des témoins fidèles du milieu social et culturel dans lequel elles ont été prises. Le jeu est donc une manière de reconstruire leurs vies et leurs œuvres, de façon libre sans aucune contrainte, ou finalité. Ceci permet d’ailleurs de rendre cette reconstruction encore plus sincère, en laissant libre non seulement le choix de la forme et du procédé mais aussi du contenu.

Sophie Calle et Boltanski passent non seulement à travers une fausse identité mais aussi à travers le biais de l’autre. Non plus seulement comme un autre moi mais comme révélateur d’une forme particulière du moi. Au début XXe siècle on pense que l’homme ne peut plus être cristallisé dans une seule forme, mais qu’au contraire son existence est « devenir continu », c’est-à-dire un changement continu.

 

   Sophie Calle

Née en 1953 à Paris, Sophie   Calle est écrivain, artiste conceptuelle, photographe, cinéaste ou même   détective . Elle est sans doute un peu de chaque, selon les personnages   qu’elle interprète, les rituels qu’elle imagine, les morceaux de sa vie   qu’elle raconte et les sentiments qu’elle fait partager. L’artiste exploite   fréquemment la méthode de l’enquête et son ¦uvre consiste le plus souvent en   l’association de la photographie et de l’écrit.
Sophie Calle invente ses propres règles du   jeu jeux afin d’ « améliorer la vie », lui donnant ainsi une structure. Pour   son premier projet, en 1979, elle décide de suivre, à son insu, un inconnu   qui l’entraîne à Venise. « Suite vénitienne » est le résultat de   cette filature.
Pour une grande partie des oeuvres, ce n’est   que dans un second temps qu’elle les fait pénétrer dans la sphère de l’art.   Ses installations sont l’aboutissement et le prolongement de situations mises   en scène et vécues sur un mode autobiographique. Le sillon dans lequel   s’inscrivent ses premiers travaux reflète une relation entre l’art et la vie   singulièrement distincte du registre neutre, distancié et informatif des   ¦uvres conceptuelles. (source 
galerie Perrotin)

L’alter-ego,   le faux-moi

  • · Le   Rituel d’anniversaire (1980-1993) : chaque année pour son anniversaire, le   jour exact si possible, SC organise une fête d’anniversaire où elle invite un   nombre de convives équivalent au nombre de ses années, avec, à chaque fois,   un inconnu invité par l’un des convives. Pour chaque anniversaire elle a   constitué une vitrine contenant les cadeaux offerts (ce ne sont pas les vrais   cadeaux qui y sont utilisés). Sur chaque vitrine est inscrit le descriptif   des cadeaux offerts. Ce rituel est présenté et développé dans le récit   L’invité mystère de Grégoire Bouillier.Dès lors, le travail de   Sophie Calle cherche à créer des passerelles entre l’art et la vie. Sous la   forme d’installations, de photographies, de récits, de vidéos et de films,   l’artiste construit des situations associant, selon la formule de Christine   Macel, « une image et une narration, autour d’un jeu ou d’un rituel   autobiographique, qui tente de conjurer l’angoisse de l’absence, tout en   créant une relation à l’autre contrôlée par l’artiste ».

Ses   photographies et ses comptes rendus écrits, empruntant le style descriptif du   reportage ou de l’inventaire, attestent la réalité des situations qu’elle   crée : femme de chambre dans un hôtel, strip-teaseuse dans une fête foraine,   poursuite d’un homme à Venise, etc. Souvent fondées sur des règles et des   contraintes, ses œuvres interrogent la limite poreuse entre sphère publique   et sphère privée et le caractère interchangeable des positions du voyeur et   de l’exhibitionniste. Le thème de la disparition de personnes ou d’objets,   dont l’existence est avérée par quelques traces et dont l’absence est   enregistrée par la photographie, constitue également un thème de prédilection   de l’artiste.

Elle   se caractérise par un esprit provocateur. Elle a été par exemple la première   photographe à présenter une exposition… dont elle n’avait pas pris elle-même   une seule photo : elle avait demandé à une agence de détectives privés de la   prendre en filature et de la prendre en photo à son insu. Ce sont ces photos   d’elle qu’elle exposa.

Auteur   inconue-wilkipédia [En ligne].- Disponible sur «   http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Calle » (Page consultée le 25/02/10)

 

Ylia KABAKOV «    l’homme qui s’est envolé dans l’espace, 1988(musée nationald’Art moderne,   paris) ILYA    KABAKOV (1933- )Né en 1933 en Ukraine, Ilya Kabakov partage son temps, depuis les   années 1990, entre Moscou et New York. Il travaille en collaboration avec son   épouse Emilia depuis 1989. Diplômé en illustration en 1957, il commence sa   carrière en dessinant près de 150 albums pour enfants. Mais dans les   années 1970, alors qu’il vit à Moscou dans un appartement communautaire sous   le régime soviétique, il commence à rédiger et peindre des albums inspirés   par des personnages imaginaires. Il leur donne un espace à partir des années   1980 lorsqu’il commence à concevoir les intérieurs de ses Dix   Personnages (1981-1988), sa première installation d’envergure   dans laquelle il utilise des mécanismes littéraires tirés d’ouvrages de   Gogol. « Je me vois forcé d’incorporer l’espace environnant dans   l’installation. Cela conduit à ce que j’appelle une installation   totale. » Kabakov construit alors des pièces d’appartements, des chambres,   des cuisines, des ambiances complètes, théâtres d’une vie, entre remémoration   et imagination. L’Union soviétique bruisse alors de changements politiques,   mais la vie quotidienne de ses habitants évolue peu. Kabakov s’attache à   documenter ce quotidien confiné, en créant des espaces détaillés et   spirituellement animés. Il y plonge un spectateur manipulé, et victime quasi   consentante venue tenter une expérience empathique. Les installations totales   de Kabakov ne sont pas des dioramas, ni même des reconstitution d’endroits   réels, mais bien des projections mentales qu’il faut parcourir, dont il faut   s’imprégner. Pour cela, l’artiste joue de ressorts dramatiques quasi   systématiques comme une lumière glauque, un hermétisme spatial, des   atmosphères psychologiques lourdes, elliptiques bien que fournies de détails.   Pour lui, l’esprit du lieu est primordial : ses œuvres sont comme des   pièges, des gouffres temporels à la fois datés et pourtant sans âge. Il   simule la réalité d’une culture en pleine dissolution, la fin de l’ère   soviétique, le repli désespéré vers un ancien systèm e[…]

 

 

 

Marjane Satrapi persepolis

MARJANE SATRAPI est née en 1969 dans une famille aristocratique de Téhéran, proche des

idées communistes. Elle vit, en tant qu’enfant, la restriction grandissante des libertés

individuelles et les conséquences dans la vie quotidienne des événements politiques de l’époque,

particulièrement la révolution islamique et les débuts de la guerre Iran-Irak.

En 1974, à 14 ans, elle est envoyée par ses parents à Vienne, en Autriche, pour fuir la guerre et

le régime Iranien. A la fin de ses études supérieures, elle part en France et fait des études à

Strasbourg. Elle réside actuellement à Paris. Dés son premier tome de PERSEPOLIS, elle

rencontre un succès qui se poursuit avec les autres tomes.

PERSEPOLIS raconte son enfance et son adolescence en Iran pendant la révolution iranienne

et la répression qui en découle. PERSEPOLIS est l’histoire d’une résistance par la création

artistique, dont le mode d’expression est la bande dessinée.

About The Author

No Comments

Leave A Reply

You must be logged in to post a comment.